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Autres collectifs

mise à jour : 17/04/2010
22/05/2010 : PACA
Listes des associations signataires de la Charte d’Hendaye
A la date du 17 avril 2010, les associations signataires de la Charte d’Hendaye (déclaration
commune élaborée le 23 janvier 2010) sont :
– pour l’état espagnol
Y basque et Corridor navarrais TGV /
Pays Basque / Pais Vasco – Euskal Herria
– Collectif AHT Gelditu! Elkarlana (Pays Basque Sud )
    http://ahtgelditu.org
    http://sindominio.net/ahtez
– Superport Pasaia : Jaizkibel bizirik
    www.nodo50.org/jaizkibel
Asturies
    – Conceyu contra’l TAV d’Asturies
– pour l’état italien
LGV Lyon Turin
– Mouvement No TAV (Val de Suse – Val Sangone – Turin)
    http://www.notav.eu
– pour l’état français :
LGV Paca
– Var Actions Environnement
    http://lemechanttgvpaca.free.fr
– Association pour la Protection de l’Environnement Local (APPEL Le Muy)
    http://www.appel-lemuy.fr/A.P.P.E.L/Bienvenue.html
– Eiretage
    http://eiretage.over-blog.org
– Environnement Var
    LGV Lyon Turin
– Le CADS
LGV Bretagne Pays de la Loire
– Fédération Alto :
    http://www.federationalto.net
    Défense du patrimoine milessois
    Degré cadre de vie
    La Quinte contre une nouvelle ligne
    Défense des intérêts de la vallée de la Gée
    Association des Chanteneysiens contre le projet TGV
    Sauvegarde du bocage balléen
    Change de train 53
LGV SEA (Sud Europe Atlantique)
– Collectif Contre les Nuisances du TGV de Chasseneuil du Poitou et de Migné-Auxances
    (Département 86) : CCN-TGV
    http://comite.lgv.free.fr/
    Comité TGV Réaction citoyenne (Départements 37, 86, 79, 16, 17 & 33)
    Tremblaye Veigné Nord 37
    APC Chambray 37
    APT Thorigny et ses alentours 37
    Comité des Coteaux Ste Maure de Touraine 37
    ADPM Maillé 37
    Pigeonniers Marinois Marigny Marmande 37
    A D E M A Migné Auxances Poitiers 86
    PEACE Celle l’Evescault 86
    Réaction TGV Jaunay Clan 86
    Asso Defense et Sauvegarde Marcay & Marigny Chemereau 86
    Environnement & Santé Vouneuil 86
    C D T E Fontaine le Comte 86
    Asso Vigilance TGV St Gervais les Trois Clochers 86
    Cté de vigilance TGV Marigny Brizay 86
    Sud Deux Sèvres contre le tracé TGV 79
    Nord Charentes et ses Environs 16
    Plassac Rouffiac Champagne Vigny Sans TGV 16
    Ass Linars Nouere Charente 16
    ACDE TGV Monguyon 17
LGV Poitiers Limoges
– Collectif Non à la LGV Poitiers Limoges
    http://sites.google.com/site/collectifnonlgvpoitierslimoges
– Air de nos campagnes
    http://airdenoscampagnes.info
– Nos maisons, nos métiers en danger
– Association BARRAGE
– Soleil vert de Chaptelat
– Association Vigilance Peyrilhac 87
– CGT Cheminots Creuse
LGV Rhin Rhône Sud
– Collectif Stop LGV Branche Sud :
    http://stoplgvbranchesud.blogspot.com/
    Actif en Bresse (Saône-et-Loire)
    Association pour le respect de l’environnement (Saône-et-Loire)
    Confédération des associations de protection de l’environnement (Saône-et-Loire)
    Vigilance nature environnement (Saône-et-Loire)
    Touche pas à mon territoire (Saône-et-Loire)
    Dole environnement (Jura)
    Environnement Sud Revermont (Jura)
    Serre Vivante (Jura)
    Jura Nature Environnement (Jura)
    Jura Actif (Jura)
    Collectif Dole / Choisey / Parcey / Val d’Orain (Jura)
    Acost (Ain)
    Acto (Ain)
    Bény Environnement (Ain)
    Ouest Stéphanois Environnement (Ain)
    Franche-Comté Nature Environnement (Doubs et Jura)
– Sud Revermont passionnément sans LGV (Jura)
LGV Rhin Rhône Est
– Association des riverains de l’Ognon
    Traversée Centrale des Pyrénées
– Actival : Association Contre le Tunnel Inutile dans les Vallées d’ Ailleurs et du
    Lavedan (Pyrénées Centrales)
    http://www.actival.org/
– EPINE : Ecologie Pyrénées Initiatives Nature Environnement
LGV GPSO (Grands Projets du Sud Ouest)
– Association LGPE (Gironde)
    http://lgpe.fr
– LEA (Gironde)
    http://lea.asso.free.fr
– Trait d’Union (Gironde)
– Aquitaine Alternatives (Aquitaine)
– Très Grande Vigilance en Albret (Lot et Garonne)
    http://www.tgv-albret.fr
– Association de Sauvegarde des Landes et Coteaux de Gascogne (Lot et Garonne)
– Collectif des associations des villages du Val de Garonne et de la Lomagne :
    http://tgv.wifeo.com/
    ASEP de Castelmayran
    ASEP de Caumont
    ASEP nord de Lomagne (Asques et St.Michel)
    Sauvegarde de Saint Cirice
    Sauvegarde de Benis
    Protégeons Donzac
    Association Sauvegarde du patrimoine de Bardigues et de la plaine de Bardigues
– Attac (Landes Côte Sud)
    http://local.attac.org/40/
– Attac 33 (Gironde)
    http://local.attac.org/attac33/
– Les amis de la Terre (Landes)
    http://www.amisdelaterre.org/-Landes-.html
– AVAL (Lucbardez)
– Biharko Hendaia
– SEPANSO Aquitaine
    http://www.sepanso.org/index.php
– Le CADE (Pays Basque Sud des Landes)
    http://www.voiesnouvellestgv.webou.net
    Collectif de 43 associations
Les élections régionales en Bourgogne et Franche-Comté
Les élections régionales en Bretagne
Article « La Dépêche du Midi » 06/03/10





Un train peut en cacher un autre

 

Lancé il y a déjà 21 ans, le projet « Lyon-Turin » est toujours sur une voie de garage, alors que quelques élus manipulateurs essayent de faire croire qu’il est enfin sur les rails.

En effet, un propriétaire inquiet, ayant interrogé RFF afin de savoir à quel moment sa maison serait menacée, a été surpris de recevoir une réponse bien éloignée du discours trompeur que les élus rhônalpins diffusent régulièrement.

Le dernier paragraphe de cette lettre dit clairement :
 « …la ligne à grande vitesse voyageurs ne figure pas dans le protocole d’intention de financement signé en mars 2007 par l’ensemble des partenaires impliqués (Etat, Région, Départements, Communauté Urbaine, Villes et RFF (…) ce protocole prévoit en 2023 le financement d’une première phase de réalisation de la partie française du projet, intégrant la ligne nouvelle de fret, mais pas la ligne à grande vitesse de Lyon à Avressieux».
on est très loin du discours officiel qui prétend que le projet LGV sera réalisé avant 2018, date à laquelle Annecy espère obtenir les jeux olympiques.

Il faut se rendre à l’évidence : seul un petit pourcentage d’une partie du tronçon dédié au fret serait financé…en 2023
 !

Pour la ligne LGV (le fret et les « voyageurs » étant deux lignes dissociées) il n’y a pas pour l’instant le moindre sou.
On en déduit que le projet LGV voyageurs est retourné dans un tiroir dont il n’aurait jamais du sortir.

Les caisses sont vides.

Un autre mensonge concerne le prix global du chantier.

Dans les premiers dossiers, RFF l’avait chiffré à 12,5 milliards d’euros (certains élus savoyards, comme Hervé Gaymard admettent aujourd’hui 17 milliards). lien
En faisant une simple règle de trois basée sur le tunnel du st Gothard qui a quasi la même longueur, (en rappelant que la longueur à construire en tunnels et tranchées couvertes dépasse les 150 km), le prix du Lyon Turin serait en réalité de 25 milliards d’euros (Sans le matériel roulant).
Il faut se souvenir que les erreurs d’estimations sont courantes en la matière puisque le prix initial du tunnel sous la Manche avait triplé. lien
De plus les matériaux tendres rencontrés pour percer le tunnel sous la Manche n’ont rien à voir avec ceux qui seront rencontrés sous les Alpes.

La présence d’un très gros gisement d’amiante et d’uranium ajoute une difficulté. lien
La presse nous affirme pourtant que le projet est subventionné dans son ensemble, alors que le financement européen ne concerne que le fret et le tunnel de base. lien
Les promoteurs du projet ont longtemps espéré que les citoyens investiraient dans le projet, (lien) mais depuis le tunnel sous la Manche, ils sont devenus plus prudents. lien

Aujourd’hui, une petite partie d’un tronçon est financée, et il manque l’essentiel pour boucler le budget.

L’Union Européenne propose 671,8 millions  d’euros pour le tunnel de base. (lien).
La région s’engagerait à hauteur de 400 millions d’euros…
La France et l’Italie financerait  pour un peu plus de 2 milliards d’euros.lien

Au total, un peu plus de 3 milliards pour un chantier de 25 milliards.
On est loin du compte.

Il faut rappeler que l’expertise indépendante (cabinet Reverdy/ 1997) financée par la Région Rhône Alpes (dont la coordination Ain Dauphiné Savoie avait rédigé les questions), avait dénoncé la non rentabilité du projet, due aux chiffres de fréquentation surestimés, et au cout du chantier sous-estimé.

Elle avait affirmé que si, malgré les recommandations qu’elle émettait, les décideurs passaient outre, ils devraient réaliser en priorité le tunnel de base avant tout autre tronçon. (Page 177 de l’expertise).
Or c’est le contraire de ce qui est prévu à ce jour.

Où trouver du fret à transporter ?

 

Alors que les promoteurs  du Lyon Turin affirment que le trafic marchandises sur la route au Fréjus est en constante augmentation, l’office inter-consulaire des transports et communication du sud-est affirme : « parler d’une forte augmentation de trafic au Fréjus n’est pas fondée ». lien

« En 1983, il passait 7 millions de tonnes de fret routier à Fréjus, et dix ans après, il en passait la même quantité ».
Le tunnel ferroviaire du Fréjus crée il y a 139 ans, en cours de re-calibrage, pourra absorber l’ensemble du fret routier. lien
Le tunnel suisse du Gothard, dont l’ouverture sera effective en 2013 va capter la plus grosse partie du trafic fret dans les Alpes, et diminuer le trafic de fret franco-italien. lien
On se demande alors l’utilité d’une voie nouvelle fret, alors que la voie historique transformée peut rendre des aujourd’hui  les mêmes services pour beaucoup moins cher. En effet, il a été prouvé que pour rendre un projet fret attractif, point n’était besoin de réaliser une ligne nouvelle : il suffit dechanger le mode de fonctionnement.
Il faut répondre à trois critères : rouler à 130 km/h, franchir des pentes d’au moins 3%, et surtout charger et décharger les marchandises en moins de 6 minutes. lien C’est ce que permet le procédé r-shift-r en utilisant les voies historiques transformées. Ce procédé est étudié au ministère des transports, et une réalisation en vrai grandeur doit être bientôt expérimentée.

La révolte monte en puissance

D’autre part à l’occasion de la rencontre d’Hendaye du 23 janvier 2010, une charte fondatrice (lien) a été signée par une centaine d’associations françaises, italiennes, et espagnoles. lien Cette coordination va envoyer prochainement une délégation au Parlement Européen afin d’y déposer officiellement les dizaines de milliers de pétitions demandant l’arrêt des projets LGV lorsqu’il est prouvé qu’ils ne sont pas rentables. Ces associations s’appuient sur le Grenelle de l’environnement, officialisé par décret le 3 aout 2009, lequel prévoit que,  s’il est prouvé qu’un projet alternatif peut rendre les mêmes services, à moindre cout, celui-ci remplace automatiquement le projet en cours. lien

Pression sur les élections régionales

La coordination internationale de Hendaye a décidé de questionner tous les candidats aux responsabilités régionales, et appeler à voter contre ceux qui défendent les mauvais projets LGV, y compris contre la liste « Europe écologie » en Rhône Alpes s’ils s’entêtent à approuver le Lyon Turin. C’est d’ailleurs une particularité rhônalpine, car dans toutes les autres régions, les écologistes et les syndicats cheminots sont aux cotés des citoyens responsables qui se battent contre les mauvais projets.

 

Encore de gros mensonges

Enfin, contrairement à ce qui a été écrit ici ou là, la contestation italienne n’est pas le fait d’une « poignée d’anarchistes » mais bien de toutes une population qui a déplacé 30 000 le 23 janvier dernier en val de Suze, (lien) le jour même ou les opposants de Hendaye en déplaçaient aussi 30 000 autres. vidéo Le 26 février 2010, les NO TAV, réunis à Rivoli, ont une fois de plus apporté les preuves de leur détermination. lien Cette journée mémorable « l’histoire nous allons vous la raconter » a fait découvrir tous les acteurs contestataires qui depuis 21 ans luttent pacifiquement contre ce projet.

A l’origine de tout çà, il y a les manœuvres d’un homme, Louis Besson, qui veut surtout faire de Chambéry la plaque tournante du tourisme alpin, et qui agite la liaison avec l’Italie comme argument contestable et final.

Car comme disait un vieil ami africain : « va doucement celui qui a l’intention d’arriver vite ».

 

 

Aquitaine: la ligne à grande vitesse, l’épine dans le pied de Rousset

15 Février 2010 Par Lucile Chevalier

Manifestations, pétitions contre la LGV Sud, et Europe Ecologie qui ne veut fléchir. Le projet ferroviaire est, à quelques semaines des régionales, l’épine dans le pied du candidat socialiste.

« N’endettons pas nos enfants », « La LGV massacre l’environnement », « Les dés ne sont pas jetés : la LGV doit être arrêtée », disaient les banderoles. Les 15 000 manifestants français et espagnols, de Hendaye à Irun, le 23 janvier dernier, battaient des pieds, et mettaient un peu plus Rousset dans l’embarras. « Mais pourquoi hurlent-ils ? », se demandait le candidat socialiste. Primo : avec cette nouvelle ligne « à grande vitesse », un Bordelais peut rejoindre la capitale espagnole en deux heures. Deuxio, la LGV permet de dégager de nouvelles pistes pour le fret et le TER. Une ouverture sur l’Europe et un acte écologique.

Autre son de cloche dans le cortège, le projet n’est pas loin de faire pschitt. Les agriculteurs basques crient à l’infâmie, leurs exploitations seraient scindées en deux par le passage du train. Plus haut, ce sont les viticulteurs girondins qu’on égorge. La locomotive sifflera aussi dansle vignoble des Graves. Et que deviendront les oiseaux du râle des genêts, et autres espaces verts protégés, s’inquiètent les associations écologiques, comme le collectif des associations de défense de l’environnement (CADE). Mamère, Monique de Marco et Marie Bové joignent leur voix aux contestataires: « le projet est ruineux et destructeur ».

Des pétitions qui s’allongent, des manifestions qui se multiplient, la défection d’Europe Ecologie qui présente une liste autonome au premier tour des régionales, une émeute ? Non, une révolution, M. Rousset.

Lucile Chevalier (Institut de Journalisme de Bordeaux Aquitaine)

La querelle des vacants ou l’histoire édifiante d’une Ligne à grande vitesse

20 Février 2010 Par patrick rodel

Au Moyen-age, les pauvres avaient le droit de faire paître leurs quelques animaux sur des zones de terre des Landes qui n’appartenaient à personne.

Vint une époque où les riches propriétaires s’indignèrent de cet obstacle à la rationalisation de l’agriculture et, puisqu’ils étaient les plus forts, ils s’ emparèrent des « vacants ». Il y eut des procès. Certaines communes purent se porter acquéreurs de ces terrains. Les conflits durèrent longtemps.

Pourquoi rappeler cette histoire qui semble n’intéresser plus que quelques érudits locaux ? parce qu’elle a laissé des traces dans la mémoire collective et lorsqu’il a été question de revenir sur certains droits de passage, lors du projet de création d’une LGV, un vent de jacquerie a soufflé sur les Landes et Côteaux de Gascogne.

Association de sauvegarde des landes et côteaux de Gascogne, c’est le nom de la jeune association qui s’est constituée en décembre 2009, mais qui est déjà forte de quelques centaines de membres, pour poser des questions, embarrassantes, aux promoteurs de ce projet. Après tout, la population avait été consultée sur le principe d’une telle ligne et une majorité s’y était montrée favorable – qui refuserait de gagner du temps  lors d’un voyage,et qui pourrait s’opposer à un développement des transports ferroviaires en une période de pétrole cher ? personne, à l’image des politiques qui, du PS à l’UMP en passant par le PC et quelques autres, présentaient la LGV comme l’occasion de désenclaver (?) la région, de créer des emplois, d’impulser le développement économique.

Quel fut donc le déclencheur de la révolte ? la découverte que RFF (Réseau Ferré de France) avait décidé de ne pas suivre le circuit existant mais d’en créer un de toutes pièces – ce qui allait entraîner la destruction de 3600 hectares de côteaux et de forêts. Sans raisons valables. Suivons l’argumentaire que présente l’Association.

1° La LGV est inutile : en effet, le TGV passe déjà entre Bordeaux et  Hendaye, entre Bordeaux et Toulouse. Il s’agit simplement de le faire aller plus vite. On pourrait raisonnablement penser qu’il suffit de transformer les voies existantes pour y parvenir. Tous calculs faits, les nouveaux tracés ne feraient gagner, respectivement, que 5 et 15 minutes  sur les tracés existants et rénovés. On peut s’en étonner à juste titre.

2° D’autant que la LGV est ruineuse. Qu’on en juge ! Bordeaux/Hendaye : 12,5 milliards d’euros (1 seul milliard pour l’aménagements des lignes déjà existantes) Bordeaux/Toulouse : 7 milliards . Sans compter que la facture grimpera nécessairement au fil des ans. (A titre de comparaison, je rappelle que l’on estime à 14 milliards de dollars le coût de la reconstruction de Haïti !!!)

Ruineuse donc pour l’Etat, mais également pour les collectivités locales qui devront participer à hauteur de 5O% au prix de ces investissements. Pour exemple, le Lot-et-Garonne, qui ne roule pas sur l’or, devra s’acquitter d’une centaine de millions d’euros – ce qui correspond à son budget annuel (combien de maisons de retraite auraient pu être construites, combien d’établissments scolaires et sportifs, combien de logements sociaux ?)

Le contre argument avancé par les promoteurs de la LGV est qu’elle va permettre de développement des TER qui s’y raccorderont. Belle réponse, qui oublie seulement que ce sont les régions qui ont en charge les TER – que leur développement donc ne peut s’effectuer que par l’augmentation de l’impôt et la disparition des lignes de proximité et des lignes réservées au frêt.

3° Elle est dévastatrice pour l’environnement : 3600 hectares de côteaux, forêts, vignes, terrains fonciers – ce n’est pas rien. A quoi s’ajoutent les atteintes portées à l’environnement, les nuisances sonores importantes qu’atténueront peu les murs de béton que l’on édifiera pour s’en protéger, les obstacles apportés à la circulation des animaux sauvages, les risques encourus par des zones marécageuses riches en flore et en faune. Grenelle de l’environnement, qu’es-tu devenu ? on a vite oublié que si le développement du trafic ferroviaire y était prôné, il était bien spécifié qu’il devait se faire par les voies déjà existantes.

Le contre argument se veut imparable : le LGV va avoir des retombées économiques pour les régions qu’elle traversera et elle va créer des emplois. Pour les emplois, on sait que les grandes entreprises qui vont s’occuper du chantier viennent avec leurs propres ouvriers. Quant aux retombées économiques, elles restent à démontrer.

4° Elle représente une conception du développement et du progrès qui date du siècle dernier et elle ne fait aucun cas du contexte de crise que nous connaissons en ce début de siècle et qui va nous contraindre à repenser tous nos modèles. Défendre des infrastructures aussi lourdes et dispendieuses est un véritable contre-sens, alors que ce sont les autoroutes informatiques qu’il faudrait développer. L’important n’est pas d’aller plus vite, mais de multiplier les interactions – et cela seul le Net le permet. D’ailleurs, les cadres qui seraient les principaux utilisateurs de la LGV, se déplacent de moins en moins et le développement des vidéo-conférences en est la preuve. On va favoriser une minorité qui aura un accès facile à la LGV, sans penser que le reste de la population devra, pour rejoindre les gares LGV, prendre sa voiture ! on présente comme modèle de développement urbain une concentration de la  population dans des métropoles où la vie va devenir vite impossible et qui ont pour conséquence un assèchement, une désertification des campagnes. On a vraiment l’impression que les experts, une fois de plus, foncent, tête baissée, dans le mur.

5° Enfin, dernier point, mais qui n’est pas le moindre (cf. mon précédent article sur un sujet qui est loin d’avoir la même importance) les décisions prises l’ont été au mépris du respect des pratiques démocratiques les plus élémentaires. Tout se passe comme si la consultation n’était que de la frime – on parle de vagues principes, mais on évite soigneusement de dire quels seront les moyens utilisés. Et lorsqu’on les découvre, on se heurte à la toute-puissance des experts, qui représentent, en notre âge technico-scientifique, l’incarnation même de la Raison  ; lorsqu’ils ont rendu leur verdict, le peuple émerveillé et soumis n’a plus qu’à se prosterner. L’ennui est que les experts se trompent souvent – longue histoire qui reste à écrire !- et qu’en l’occurrence, les experts sont ceux-là mêmes qui seront chargés du chantier. RFF est à la fois le premier intéressé à l’affaire et celui qui a été chargé de réaliser les seules études sur lesquelles s’appuient les politiques.

Raison pour laquelle, les différentes associations et un nombre croissant d’élus demandent que soient faites des études réellement indépendantes. Car de nombreuses questions demeurent en suspens. Quels sont les intérêts en jeu ? Pourquoi une telle obstination ? Quelles pressions s’exercent sur les décideurs ?

La discussion est lancée. Elle mérite d’être poursuivie dans toute la lumière nécessaire. Elle va être un des points essentiels de la campagne des régionales .

PS : cet article reprend une conversation que j’ai eue avec Alain Dewerdt qui est un des membres de cette Association des landes et côteaux de Gascogne. Qu’il en soit remercié. Tout ce qui est du domaine du vérifiable, vient de lui. Les oublis et les mauvaises interprétations viennent de moi !

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